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Le Canadarmpar: Dave Eddie |
Aussi long que deux poteaux de téléphone, cet appareil est équipé de six assemblages qui correspondent plus ou moins aux articulations du bras humain, pour contrôler le "balancement", la "déviation", et le "tangage" de l'appareil. Le mot "Canada", ainsi qu'une feuille d'érable rouge, est tatoué fièrement sur son long "biceps" blanc et on en voit un autre sur son "avant-bras".
Il s'appelle officiellement le Shuttle Remote Manipulator System (SRMS), mais nous le connaissons tous comme le Canadarm, et c'est la contribution la plus importante du Canada au programme d'exploration de l'espace. Certains en minimiseraient l'importance, mais en fait, il s'agit d'une création technologique qui est à la fois capitale, subtile et belle.
En 1975, la NASA a pris un grand risque et a confié à une équipe relativement inconnue d'ingénieurs canadiens l'un des aspects les plus importants de son programme de navette spatiale. Ce pari a été payant, pour le moins que l'on puisse dire. Le Canadarm compte une longue liste d'attributs, dont notamment la capacité de capturer une charge flottante libre dans un milieu d'impesanteur. Ultra sensible, l'appareil se déplace sur quelques millimètres pour attraper un objet minuscule, mais il peut aussi traverser rapidement une distance de plusieurs mètres au besoin.
On l'a utilisé dans toutes sortes d'applications : pour dégivrer le fuselage de l'Orbiteur comme pour réparer le télescope Hubble. Et il a joué un rôle majeur dans l'assemblage spatial, incluant la station spatiale internationale.
Depuis le désastre de la navette spatiale Columbia en 2003, qui a vu la navette se désintégrer à la rentrée et qui a coûté la vie aux sept astronautes à bord, on utilise le Canadarm pour contrôler l'intégrité de la coque avant la rentrée sur Terre.
Fort de plus de 50 missions et de presque 7 000 orbites autour de la Terre, il n'a jamais eu de défaillance, pas une seule fois.
Le "bras dans l'espace" est l'une des plus grandes réussites technologiques de notre pays. Et il incarne d'ailleurs l'âme du Canada: rien de frimeur, rien de tape-à-l'œil, mais plutôt utile, constant et prêt à tendre le bras, un bras fort mais sensible, partout où on en a besoin, peu importe la distance.
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