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Le castorpar: Tomson Highway |
Il n'y a rien au monde comme le moment où l'on s'assoit sur la terrasse de son chalet d'été : le lac sous ses pieds, un miroir de calme et de perfection, qui s'étend jusqu'à l'infini (sinon à l'infini, jusqu'au groupe d'érables à sucre sur l'autre rive, à un demi-kilomètre d'où on est assis); et le silence est tellement pur que l'on dirait entendre les mouvements des souris qui parcourent le petit tas de sable à une dizaine de mètres d'ici. Et l'on contemple la chance qu'on a d'être né dans un monde aussi merveilleux quand, soudain, un grand plouf se fait entendre. Les yeux tournent vers une ondulation qui trouble la surface miroitante du Lac des truites – ou du Lac des ours ou du Lac Misty Maskimoot—et l'on se rend compte encore une fois (puisque, bien sûr, cette scène s'est déjà jouée des milliers de fois) que le castor est encore à jouer ses tours: il claque sa grosse queue sur la surface de l'eau puis plonge sous l'eau, toujours à la recherche d'un morceau de choix, d'une pousse délicieuse. Puis la petite bête espiègle retourne à la surface. Et il poursuit sa route, vers son abri là-bas, son petit nez squameux tenu au-dessus de la surface du lac, petit périscope qui fraie un chemin dans l'eau, suivi d'ondulations toujours plus larges, sans un son; rien que le silence ondulé. Et l'on se sait chez soi, où l'on est né, où l'on est bien à sa place.
Même si le castor habite d'autres pays, comme les États-Unis, la France, voire l'Argentine, il a quand même une identité fondamentalement canadienne. Cet animal est le NÔTRE. Il figure sur notre pièce de cinq cents. Pour nous autres, "amisk"—"castor" en Cri, ma langue maternelle, avec l'accent sur la deuxième syllabe—veut dire "Canada."
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